Méthodologie
Notre méthode, en clair
Ce que le simulateur calcule, d'où viennent ses chiffres, et ce qu'il ne prétend pas savoir.
Le simulateur ne devine pas : il transpose, reporte, corrige et simule. Chaque nombre qui entre dans le calcul porte l'un de trois statuts, affichés tout au long de cette page :
Mesuré observé dans les données officielles ou les rapports publiés Calibré réglé par confrontation aux élections réelles Jugement choix d'analyste documenté et réglable
1. La base : la donnée officielle, à la maille la plus fine
Tout part du Directeur général des élections du Québec : les résultats officiels des scrutins de 2014, 2018 et 2022 ; les résultats détaillés par bureau de vote des 125 circonscriptions de 2022, que nos contrôles automatiques valident à 125 sur 125 ; la géométrie officielle des 17 924 sections de vote ; la carte électorale de 2026 et ses 127 circonscriptions ; et le recensement de 2021 (âge, langue) par circonscription. Mesuré
La nouvelle carte de 2026 exige de transposer les résultats de 2022 : nous le faisons section de vote par section de vote — 16 523 sections ordinaires, localisées une à une dans leur circonscription de 2026. Une section compte au plus 475 électeurs : la maille est assez fine pour suivre les électeurs réels, pas des moyennes. Contrôles à l'appui : les totaux pour l'ensemble du Québec sont conservés à moins de 0,002 % près, et Lévis, transposée sans découpage, retrouve la part officielle de la CAQ à 0,01 point près.
2. Des sondages aux 127 circonscriptions
Les sondages publiés sont agrégés avec des poids écrits et datés — par maison, par type, avec une décroissance de moitié tous les 45 jours Jugement — puis déclinés en cibles pour trois régions (Montréal, Québec, reste du Québec), définies exactement comme les maisons de sondage pondèrent leurs propres échantillons. Mesuré La liste des sondages retenus dans la mise à jour courante — maison, terrain, échantillon, lien de consultation — est publiée en continu. Parmi ces maisons, nous nous appuyons largement sur Léger, la référence au Québec : c'est contre ses derniers sondages pré-électoraux que le modèle est calibré (section 4), et son poids dans notre agrégat en reflète le sérieux. Jugement
Un report proportionnel — retenu après comparaison de cinq méthodes de report sur les 127 circonscriptions — applique le mouvement régional d'opinion à la base locale de 2022, puis trois familles de corrections affinent le résultat :
- Âge et langue. Le recensement donne le profil de chaque circonscription ; les sondages publient les intentions par âge et par langue en 2026 comme en 2022. Nous corrigeons donc le déplacement mesuré de ces gradients — jamais un gradient supposé. Mesuré
- Deuxièmes choix. Quand un parti recule, ses points vont d'abord aux partis que ses propres électeurs désignent comme second choix, selon la matrice publiée par sondage. Mesuré
- Départs de députés et chefs. Le vote personnel d'un élu est déjà dans sa base de 2022 : rien ne s'ajoute à celui qui reste, une pénalité s'applique au parti de celui qui part (2 points ; primes de chef de 3 à 5 points). Des valeurs affichées comme jugements, et réglables. Jugement
3. Les probabilités : simuler l'erreur, pas le hasard
(Les termes techniques de cette section — Monte-Carlo, médiane, fourchettes, percentiles — sont expliqués en français clair au lexique.)
Une projection dit qui mène ; elle ne dit pas les chances. Pour cela, nous simulons 10 000 scénarios : chacun tire un jeu d'intentions régionales plausible — l'ampleur de l'erreur de sondage est calibrée sur trois élections réelles Calibré — et y ajoute deux couches d'incertitude : le bruit propre à chaque circonscription, dont l'amplitude et les corrélations entre partis sont mesurées sur 253 observations tirées des transitions 2014→2018 et 2018→2022 Mesuré — et une erreur systémique par parti, tirée une fois par scénario et appliquée partout à la fois, calibrée sur les écarts entre les derniers sondages et les résultats réels des trois derniers scrutins : le risque documenté que les marges d'erreur de tous les sondages penchent ensemble du même côté, entré dans la distribution plutôt que laissé en note de bas de page. Calibré Chaque scénario passe ensuite par le même moteur de calcul que la projection affichée — pas une copie, le même code — et la moyenne des scénarios reproduit la projection publiée.
Un correctif de participation par âge, fondé sur les taux officiels d'Élections Québec, transforme la population en électorat probable Mesuré — appliqué à la projection affichée comme aux simulations. Il porte sur notre agrégat ; les scénarios « selon Léger » ou « selon Synopsis » restent les chiffres publiés par chaque maison, sans retouche.
Le décompte affiché et la fourchette simulée ne disent pas la même chose, et c'est voulu. La carte compte chaque circonscription à son centre : elle répond à « qui mène où, aujourd'hui ». Les simulations intègrent le bruit local mesuré — et comme un parti deuxième dans trente circonscriptions finit par l'emporter quelque part dans presque chaque scénario, sa médiane simulée peut dépasser nettement son décompte au centre. Ce n'est pas une incohérence : c'est la différence entre un scénario lisible et une espérance sous incertitude. Les deux sont publiés, chacun sous son étiquette.
4. Le calibrage : trois élections réelles comme seuls juges
Avant de publier un premier chiffre, le modèle a passé deux épreuves. D'abord un rétro-test hors échantillon : réglé sur la seule transition 2014→2018, il devait prédire 2022 — une élection qu'il n'avait jamais vue ; le bruit mesuré s'est avéré optimal, sans retouche. Calibré Ensuite, la confrontation la plus dure : le dernier sondage Léger avant chacun des trois scrutins, contre le résultat officiel.
| Biais (sondage − réel) | 2014 | 2018 | 2022 |
|---|---|---|---|
| CAQ | −0,2 | −5,4 | −3,8 |
| PLQ | −2,9 | +2,4 | +1,1 |
| PQ | +2,7 | +2,9 | +1,7 |
| QS | +0,5 | +0,5 | +0,6 |
Dernier sondage Léger avant scrutin contre résultat officiel, en points. Positif : le sondage sur-estimait le parti.
Ce tableau contient le fait le plus lourd de conséquences pour 2026 : le PQ a été sur-estimé par son dernier sondage aux trois élections — trois fois sur trois, de +1,7 à +2,9 points.
Ce que ça donne. Au pied de la lettre des sondages actuels, la probabilité d'une majorité PQ est d'environ 32 % — une chance sur trois, loin de la certitude que la carte des sièges laisse croire. Si la sur-estimation historique du PQ se répète, elle tombe à environ 4 %. Entre les deux, une question que seule la campagne tranchera : l'avance actuelle du PQ est-elle un vote consolidé, ou le même appui mou qui s'est évaporé trois fois ? Dans les deux cas, gouverner seul est plus improbable que probable — et le facteur décisif, la sortie de vote, est précisément celui que les intentions ne mesurent pas.
5. Qui répond de la méthode
Le simulateur est conçu et supervisé par Stéphane Gobeil et Alexandre Gobeil-Hébert, cofondateurs d'ASGO. Stéphane a participé à la direction de campagne de onze élections générales fédérales et québécoises : les paramètres marqués Jugement sont les siens — arrêtés, documentés et réversibles — et c'est cette expérience de terrain qui a conduit le modèle à traiter explicitement la variable que les intentions de vote ne mesurent pas, la sortie de vote. Alexandre est spécialiste de l'intégration de l'intelligence artificielle au sein des organisations. Le développement s'est appuyé sur les modèles Claude d'Anthropic, sous leur supervision.
6. Ce que le modèle ne dit pas
Nos chiffres sont un instantané conditionnel — « si l'élection avait lieu aujourd'hui et si les sondages sont sans biais » — pas une prévision de campagne. Ne sont pas capturés : un mouvement d'opinion que les sondages ne voient pas encore ; l'ampleur réelle de la mobilisation électorale de 2026 ; les candidatures indépendantes et tout sixième parti ; et les événements d'ici au scrutin. Chaque simulation publiée est rejouable à l'identique (la graine aléatoire et les paramètres sont archivés avec le résultat) : un chiffre qu'on ne peut pas rejouer n'est pas un chiffre défendable.
Reprise et citation
Nos projections sont faites pour circuler. Citez-les librement en nommant Route 127, et partagez nos images telles quelles — elles portent leur source et leur réserve. Les journalistes n'ont pas à nous demander d'autorisation pour citer un chiffre ou reproduire une de nos images avec crédit ; nous répondons volontiers aux demandes d'entrevue ou de vérification avant publication. Ce qui demande notre accord, c'est l'extraction systématique de nos sorties et leur réutilisation dans un produit commercial : le détail est sur la page des conditions d'utilisation.
Comprend des données ouvertes octroyées sous la licence d'utilisation des données ouvertes du directeur général des élections disponible à l'adresse Web dgeq.org. L'octroi de la licence n'implique aucune approbation par le directeur général des élections de l'utilisation des données ouvertes qui en est faite. Sources des sondages : rapports publiés Léger-Québecor (2014, 2018, 2022, 2026), Synopsis Recherche–La Presse (2026), Pallas Data (2026) ; recensement de 2021 via le portrait socioéconomique d'Élections Québec.