Route 127 Simulateur électoral par ASGO

Méthodologie

Notre méthode, en clair

Ce que le simulateur calcule, d'où viennent ses chiffres, et ce qu'il ne prétend pas savoir.

Le simulateur ne devine pas : il transpose, reporte, corrige et simule. Chaque nombre qui entre dans le calcul porte l'un de trois statuts, affichés tout au long de cette page :

Mesuré observé dans les données officielles ou les rapports publiés Calibré réglé par confrontation aux élections réelles Jugement choix d'analyste documenté et réglable

1. La base : la donnée officielle, à la maille la plus fine

Tout part du Directeur général des élections du Québec : les résultats officiels des scrutins de 2014, 2018 et 2022 ; les résultats détaillés par bureau de vote des 125 circonscriptions de 2022, que nos contrôles automatiques valident à 125 sur 125 ; la géométrie officielle des sections de vote, dans ses deux découpages — celui de 2022 (17 924 polygones), qui porte les résultats, et celui du 15 juillet 2026 (16 756 sections de vote, dont 15 531 dessinées sur la carte — les 1 225 autres sont des sections d'hébergement, sans territoire), qui est la maille du produit ; la carte électorale de 2026 et ses 127 circonscriptions ; et le recensement de 2021 (âge, langue) par circonscription. Mesuré

La nouvelle carte de 2026 exige de transposer les résultats de 2022 : nous les localisons d'abord section par section dans le découpage de 2022 — 16 523 sections ordinaires —, puis chaque section verse ses votes aux sections de 2026 qui recouvrent son territoire, au prorata des surfaces partagées. Le résultat de 2022 affiché pour une section de 2026 est donc une estimation ; le total de la circonscription, lui, est exact. Une section regroupe quelques centaines d'électeurs (414 en médiane) : la maille est assez fine pour suivre les électeurs réels, pas des moyennes. Et chaque section de 2026 porte son nombre réel d'électeurs inscrits au 15 juillet 2026, publié par Élections Québec — pas une estimation. Mesuré Contrôles à l'appui : la transposition conserve les totaux nationaux à quatre voix près sur 4,1 millions, et recalculée circonscription par circonscription, elle s'écarte de la méthode par sections entières d'au plus 0,17 point (médiane : 0,00).

2. Des sondages aux 127 circonscriptions

Les sondages publiés sont agrégés avec des poids écrits et datés — par maison, par type, et un poids qui fond de moitié tous les 5 jours depuis le 23 septembre (10 jours jusqu'au 14 septembre, 7 jours jusqu'au 22 ; 3 jours prévus pour la dernière semaine de campagne) Jugement — puis déclinés en cibles pour trois régions (Montréal, Québec, reste du Québec), définies exactement comme les maisons de sondage pondèrent leurs propres échantillons. Mesuré La liste des sondages retenus dans la mise à jour courante — maison, terrain, échantillon, lien de consultation — est publiée en continu. Les maisons reconnues pèsent également : aucune ne reçoit de poids privilégié. Ce qui départage deux sondages, c'est leur âge et leur type. Jugement Le calibrage de la section 4 confronte les derniers sondages Léger d'avant les scrutins de 2014, 2018 et 2022 aux résultats officiels : c'est une épreuve du modèle, pas un poids dans l'agrégat.

Un report proportionnel — retenu après comparaison de cinq méthodes de report sur les 127 circonscriptions — applique le mouvement régional d'opinion à la base locale de 2022. Il est amorti : le report au prorata porte quatre cinquièmes du mouvement, un déplacement uniforme le cinquième restant — parce que rejouer la méthode sur 2014→2018 et 2018→2022 montre que le prorata pur étire trop les forteresses et les déserts d'un parti, et que cet amortissement est le seul réglage qui réduit l'erreur aux deux transitions. Mesuré Puis quatre familles de corrections affinent le résultat :

Le rebasage régional

Quand une mesure régionale d'exception le permet — un grand échantillon cumulé, comme le sondage Léger « Les grandes tendances régionales » du 25 août 2026 (n = 11 305) —, le modèle recalibre ses projections région par région. Cette mesure sert pour sa structure régionale, jamais pour son niveau national : un cumul de vagues est en retard sur les vagues récentes, et chaque cible régionale est donc rebasée au vote national courant avant toute comparaison. Mesuré

La correction suit une règle de prudence : une région n'est reprise que si l'écart dépasse la marge d'erreur de son sous-échantillon, et seulement de l'excès au-delà de cette marge — le bruit des petits échantillons ne passe pas. Les corrections sont plafonnées à ±8 points par parti et par région ; l'ampleur au-delà du plafond est notée pour examen, pas appliquée. Chaque correction est posée comme prime par circonscription, motivée et journalisée, et le journal des changements de la version publiée les liste. Un sondage de ce type entre au registre avec un poids de zéro : il est montré, il n'est pas compté deux fois. Jugement

3. Les probabilités : simuler l'erreur, pas le hasard

(Les termes techniques de cette section — Monte-Carlo, médiane, fourchettes, percentiles — sont expliqués en français clair au lexique.)

Une projection dit qui mène ; elle ne dit pas les chances. Pour cela, nous simulons 10 000 scénarios : chacun tire un jeu d'intentions régionales plausible — l'ampleur de l'erreur de sondage est calibrée sur trois élections réelles Calibré — et y ajoute trois couches d'incertitude : le bruit propre à chaque circonscription, dont l'amplitude et les corrélations entre partis sont mesurées sur 253 observations tirées des transitions 2014→2018 et 2018→2022 Mesuré — l'erreur du report lui-même, mesurée en rejouant la méthode sur les élections passées avec des cibles régionales parfaites (un écart type de 5,2 points par circonscription et par parti) : même avec des sondages exacts, transposer une intention régionale dans une circonscription se trompe, et cette erreur entre dans la distribution au lieu d'être tue Mesuré — et une erreur systémique par parti, tirée une fois par scénario et appliquée partout à la fois, calibrée sur les écarts entre les derniers sondages et les résultats réels des trois derniers scrutins : le risque documenté que les marges d'erreur de tous les sondages penchent ensemble du même côté, entré dans la distribution plutôt que laissé en note de bas de page. Calibré Chaque scénario passe ensuite par le même moteur de calcul que la projection affichée — pas une copie, le même code — et la moyenne des scénarios reproduit la projection publiée.

Un correctif de participation par âge, fondé sur les taux officiels d'Élections Québec, transforme la population en électorat probable Mesuré — appliqué à la projection affichée comme aux simulations. Il porte sur notre agrégat ; les scénarios « selon Léger » ou « selon Synopsis » restent les chiffres publiés par chaque maison, sans retouche.

Le décompte affiché et la fourchette simulée ne disent pas la même chose, et c'est voulu. La carte compte chaque circonscription à son centre : elle répond à « qui mène où, aujourd'hui ». Les simulations intègrent le bruit local mesuré — et comme un parti deuxième dans trente circonscriptions finit par l'emporter quelque part dans presque chaque scénario, sa médiane simulée peut dépasser nettement son décompte au centre. Ce n'est pas une incohérence : c'est la différence entre un scénario lisible et une espérance sous incertitude. Les deux sont publiés, chacun sous son étiquette.

4. Le calibrage : trois élections réelles comme seuls juges

Avant de publier un premier chiffre, le modèle a passé deux épreuves. D'abord un rétro-test hors échantillon : réglé sur la seule transition 2014→2018, il devait prédire 2022 — une élection qu'il n'avait jamais vue ; le bruit mesuré s'est avéré optimal, sans retouche. Calibré Ensuite, la confrontation la plus dure : le dernier sondage Léger avant chacun des trois scrutins, contre le résultat officiel.

Biais (sondage − réel)201420182022
CAQ−0,2−5,4−3,8
PLQ−2,9+2,4+1,1
PQ+2,7+2,9+1,7
QS+0,5+0,5+0,6

Dernier sondage Léger avant scrutin contre résultat officiel, en points. Positif : le sondage sur-estimait le parti.

Ce tableau contient le fait le plus lourd de conséquences pour 2026 : le PQ a été sur-estimé par son dernier sondage aux trois élections — trois fois sur trois, de +1,7 à +2,9 points.

Ce que ça donne. La carte des sièges affiche un vainqueur net ; la simulation, elle, donne des chances — et elles sont systématiquement plus modestes que la carte ne le laisse croire, parce qu'une avance dans les intentions n'est jamais une avance acquise dans l'urne. Si la sur-estimation historique du PQ se répète, ces chances fondent encore. Entre les deux, une question que seule la campagne tranche : l'avance du moment est-elle un vote consolidé, ou le même appui mou qui s'est évaporé trois fois ? Le facteur décisif, la sortie de vote, est précisément celui que les intentions ne mesurent pas. Les chances à jour — majorité, minorité, parti par parti — sont recalculées à chaque publication et affichées sur la page Projection.

5. Qui répond de la méthode

Le simulateur est conçu et supervisé par Stéphane Gobeil et Alexandre Gobeil-Hébert, cofondateurs d'ASGO. Stéphane a participé à la direction de campagne de onze élections générales fédérales et québécoises : les paramètres marqués Jugement sont les siens — arrêtés, documentés et réversibles — et c'est cette expérience de terrain qui a conduit le modèle à traiter explicitement la variable que les intentions de vote ne mesurent pas, la sortie de vote. Alexandre est spécialiste de l'intégration de l'intelligence artificielle au sein des organisations. Le développement s'est appuyé sur les modèles Claude d'Anthropic, sous leur supervision.

6. Ce que le modèle ne dit pas

Nos chiffres sont un instantané conditionnel — « si l'élection avait lieu aujourd'hui et si les sondages sont sans biais » — pas une prévision de campagne. Ne sont pas capturés : un mouvement d'opinion que les sondages ne voient pas encore ; l'ampleur réelle de la mobilisation électorale de 2026 ; les candidatures indépendantes et tout sixième parti ; et les événements d'ici au scrutin. Chaque simulation publiée est rejouable à l'identique (la graine aléatoire et les paramètres sont archivés avec le résultat) : un chiffre qu'on ne peut pas rejouer n'est pas un chiffre défendable.

Reprise et citation

Nos projections sont faites pour circuler. Citez-les librement en nommant Route 127, et partagez nos images telles quelles — elles portent leur source et leur réserve. Les journalistes n'ont pas à nous demander d'autorisation pour citer un chiffre ou reproduire une de nos images avec crédit ; nous répondons volontiers aux demandes d'entrevue ou de vérification avant publication. Ce qui demande notre accord, c'est l'extraction systématique de nos sorties et leur réutilisation dans un produit commercial : le détail est sur la page des conditions d'utilisation.

Comprend des données ouvertes octroyées sous la licence d'utilisation des données ouvertes du directeur général des élections disponible à l'adresse Web dgeq.org. L'octroi de la licence n'implique aucune approbation par le directeur général des élections de l'utilisation des données ouvertes qui en est faite. Sources des sondages : rapports publiés Léger-Québecor (2014, 2018, 2022, 2026), Synopsis Recherche–La Presse (2026), Pallas Data (2026) ; recensement de 2021 via le portrait socioéconomique d'Élections Québec.